Hommage à Alice Itterbeek
Actions sur le document
Le mercredi 23 avril 2008, les autorités communales de Woluwe-Saint-Lambert ont rendu hommage à Alice Itterbeek, une ancienne habitante de la commune, qui s’illustra dans la Résistance lors de Seconde Guerre mondiale et connut l’horreur des camps de concentration.
La Commune a décidé de se souvenir de la résistance des femmes belges durant la seconde guerre mondiale en mettant à l’honneur l'une d'entre elles, Alice Itterbeek, née Rels, une ancienne habitante de Woluwe-Saint-Lambert.
Active dans la Résistance, elle fut membre du réseau d’évasion Comète et du Service 22 de l’armée secrète, et hébergea chez elle de nombreux pilotes américains, canadiens ou britanniques, le temps d'organiser leur retour en territoires libres.
Arrêtée en mai 1944 pour ses activités de résistante, elle fut condamnée à 5 ans de travaux forcés, et déportée au camp de concentration de Ravensbrück, où 90.000 femmes sur 115.000 sont mortes de froid, de faim et de mauvais traitements. Lors de l’approche des troupes soviétiques, elle fut envoyée dans le camp d’Orianenburg, puis contrainte par l’armée allemande à la « marche de la mort » durant 15 jours, à raison de 44 km par jour, jusqu’au moment où les Soviétiques la libérèrent.
Madame Itterbeek fut une femme éminemment courageuse et forte face à l’ennemi, avec une volonté sans limite de revenir de l’enfer des
camps.
Alice Itterbeek a reçu de nombreuses décorations pour son courage : la King’s Medal of Courage britannique, la Medal of Freedom américaine, la Médaille de l’Entraide du Comité d’Hommage des Juifs de Belgique, ainsi que de nombreuses décorations nationales, dont la Croix de Guerre 1940 avec Palmes et la Croix du Prisonnier Politique. Décédée le 16 janvier 1990, elle est inhumée à la pelouse d’Honneur du cimetière de Woluwe-Saint-Lambert
Une plaine de jeux portera son nom
Une plaque commémorative, placée à l’entrée de la plaine de jeux du n°78, avenue Prekelinden, a été inaugurée par le Bourgmestre Olivier Maingain, en présence de Raymond Itterbeek résistant lui aussi, et fils d'Alice Itterbeek. De nombreux membres des associations d’anciens combattants étaient présents, et les enfants des écoles Van Meyel et Prince Baudouin ont rendu hommage au courage des femmes qui se sont illustrées dans la Résistance et à la souffrance de celles qui furent déportées.
Une initiative votée à l'unanimité par le Conseil communal, sur proposition de Francine Bette, conseillère communale. Une manifestation qui s’inscrit dans une longue tradition, initiée par notre précédent bourgmestre, Georges Désir, visant à rendre hommage aux habitants de la commune qui se sont illustrés par leur courage. Une volonté qui rejoint l'action de Monique Louis, échevine de l’Enseignement, qui a toujours eu le souci de promouvoir le devoir de mémoire dans nos écoles.
Discours prononcé par le Bourgmestre à cette occasion
Par
la pose de cette plaque commémorative, les autorités communales
tiennent à rendre hommage à Madame Alice Itterbeek, née Rels,
(1901-1990) et à travers elle, à toutes les femmes qui ont connu
l’enfer des camps de concentrations nazis, et celui de Ravensbrück en
particulier.
A honorer aussi le courage de tous ceux qui, pendant
la guerre, bravant les interdits imposés par l’armée d’occupation,
n’ont pas hésité à mettre leur sécurité et leur vie en péril pour
œuvrer à la défense de la liberté, le retour de la paix et de la
démocratie.
Alice Itterbeek, ancienne habitante de la commune,
ainsi que son mari et son fils, Raymond Itterbeek, ici présent, furent
des membres actifs du réseau de Résistance Comète, dont la mission
était de cacher des aviateurs alliés et de les aider à rejoindre les
territoires libres. Madame Itterbeek, accueillait, chez elle, des
aviateurs qu’elle cachait, des activités hautement dangereuses dans le
contexte de l’occupation.
Début 1944, Raymond Itterbeek fut arrêté. Faisant preuve d’un courage hors norme, il parvint à cacher son identité pendant quatre jours, pour donner à sa mère le temps d’évacuer les pilotes qui étaient hébergés chez eux. Elle fut néanmoins arrêtée et condamnée pour ses activités de résistante. Condamnée à 5 ans de travaux forcés et déportée au camp de concentration de Ravensbrück, où elle eut à connaître l’horreur de l’univers concentrationnaire. Transférée au camp de concentration d’Orianenburg, elle fut ensuite forcée de participer à la « marche de la mort », au cours de laquelle l’armée allemande, en fuite, entraîna avec elle les prisonniers des camps dans une marche contrainte inhumaine.
Avec une force de caractère exemplaire, Madame Itterbeek survécut à ces terribles épreuves et fut libérée par l'armée russe. Elle a reçu de nombreuses décorations pour son courage : la King’s Medal of Courage britannique, la Medal of Freedom américaine, la Médaille de l’Entraide du Comité d’Hommage des Juifs de Belgique, ainsi que de nombreuses décorations nationales, dont la Croix de Guerre 1940 avec Palmes et la Croix du Prisonnier Politique. Décédée le 16 janvier 1990, elle est inhumée à la pelouse d’Honneur du cimetière de Woluwe-Saint-Lambert
Cette lutte courageuse pour la défense de la liberté et des valeurs démocratiques doit rester un exemple vivace dans nos mémoires. Son souvenir doit être entretenu auprès des jeunes, pour que l’expérience du passé les aide à rester vigilants face à toutes les montées d’extrémismes qui pourraient mettre en péril nos valeurs démocratiques. C’est d’ailleurs une volonté de Madame Louis, échevine de l’enseignement que de veiller à ce que le devoir de mémoire soit vivace dans nos écoles communales.
Cette commémoration a été votée à l’unanimité par le Conseil communal, sur proposition de Madame Bette, conseillère communale, Une démarche qui s’inscrit d’ailleurs dans une longue tradition communale, chère au bourgmestre Georges Désir, et qui tend à rendre hommage aux habitants de notre commune, qui se sont illustrés par leur courage.
Le choix d’installer cette plaque commémorative à l’entrée de la plaine de jeux qui jouxte les bâtiments de JSCV, où sont organisées des activités récréatives pour adolescents, n’est pas anodin. Quel plus bel hommage pouvait-on rendre à Alice Itterbeek que d’associer son nom à un lieu de rassemblement de la jeunesse.
