"Quelle classe, ma classe!"
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Quelle classe, ma classe
Version cinématographique
Un film de Philippe Troyon sur l’expérience du collège Pierre Sémard de Bobigny (France), écrit par Joseph Rossetto et Philippe Troyon. Producteur : Antoine Disle, STRIANA.
Durée: 60 minutes.
Quelle classe, ma classe n’est pas un film sur le projet d’établissement du collège Pierre Sémard, encore moins un catalogue des actions menées dans cet établissement. C’est plutôt un film sur une conception de l’école fondée sur l’expérience : expériences au coeur des cultures, de l’art et du voyage, expériences d’écriture mettant en jeu le propre corps des élèves. Passionner les enfants pour une œuvre, un moment de l’histoire et susciter le désir de nouvelles investigations, ou ils vont pouvoir apporter leur propre création, c’est les mettre en présence. C’est un film sur le voyage dans les cultures et dans la langue. Une histoire de dedans et de dehors, de frontières entre soi et le monde, un voyage où les enfants quittent leur espace familier pour découvrir un horizon différent, étranger, inconnu.
Le film commence au moment de la rentrée des classes, d’abord dans la dureté de la cité, puis avec l’accueil des enfants et celui des parents. On voit toute l’attention portée à cet accueil et à une éthique de la parole.
On y devine aussi les blessures et la violence quotidienne qui sourdent dans les entretiens avec les élèves. Dans le bureau du principal, la parole magnifique d’un père de famille, humilié par le désintérêt de ses sept enfants pour l’école, témoigne du désarroi de beaucoup de parents.
La place du laboratoire de recherche du Centre Interdisciplinaire sur l’Enfant dans le film est centrale. On y sent les effets de la réflexion menée dans ce laboratoire, jusque dans l’exigence d’une parole la plus juste possible, mais aussi dans ce perpétuel mouvement dans lequel sont engagés les professeurs quand ils se posent la question de leur position en classe et qu’ils expriment les tâtonnements et leurs doutes dans les recherches qu’ils engagent.
Le film montre ces expériences à partir de deux projets qui se construisent d’abord en classe puis dans le voyage et sur la scène : « Dansent les mots , incarnation » d’abord, où les mots et le corps des enfants de sixième, expressions d’une intériorité, d’un imaginaire, emmènent au plus prés, au plus loin de soi. Puis « Odysseus » qui est une odyssée contemporaine pour les élèves de quatrième, entre Athènes et Santorin où Ulysse et ses compagnons sont des artistes qui fuient la dictature. Le bateau qui les conduit d’île en île où ils confrontés aux grands problèmes du monde d’aujourd’hui, est une belle métaphore de l’école que cherchent les professeurs: entre l’espace intime, singulier de l’enfant et les rives du monde inconnu où l’on doit se risquer, l’école est un pont, un voyage d’expériences et d’apprentissages.
Le livre écrit par Joseph Rossetto « Jusqu’aux rives du monde », 230 pages, Striana éditions, 2007, est accompagné de la version télévisuelle de « Quelle classe ma classe » et de nombreuses vidéos.
